Les petits creux visibles de part et d’autre du bas du dos attirent l’attention parce qu’ils se situent entre anatomie, esthétique et croyances populaires. On les appelle souvent fossettes de Vénus, mais leur nom anatomique est plus précis : ce sont des fossettes sacro-iliaques, placées juste au-dessus du sillon interfessier, au niveau du bassin. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une variation normale du corps, sans gravité particulière.
Sommaire
De quoi parle-t-on exactement quand on voit ces petits creux ?
Le bon nom : fossettes sacro-iliaques, lombaires, de Vénus ou d’Apollon
Dans le langage courant, on parle de fossettes de Vénus chez les femmes et parfois de fossettes d’Apollon chez les hommes. Ces noms relèvent surtout de l’imaginaire esthétique : ils évoquent une zone du corps jugée harmonieuse, sensuelle ou athlétique. Sur le plan anatomique, le terme le plus juste reste fossettes sacro-iliaques, car elles se trouvent près des articulations sacro-iliaques, là où le sacrum rejoint les os du bassin.
Comprendre les fossettes en bas du dos
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On rencontre aussi les expressions fossettes lombaires, salières de Vénus ou petits creux au bas du dos. Elles désignent en général la même particularité : deux dépressions superficielles, symétriques ou presque, visibles au-dessus des fesses.
Une localisation très précise sur le bassin
Ces fossettes se situent au niveau de l’épine iliaque postérieure supérieure, un relief osseux du bassin que l’on ne voit pas directement, mais que certains repères cutanés peuvent laisser deviner. Elles apparaissent juste au-dessus du sillon interfessier, à droite et à gauche de la colonne, dans une zone parfois appelée losange de Michaelis en anatomie descriptive.
Leur forme varie beaucoup. Certaines sont nettes, profondes et très visibles ; d’autres ne se remarquent qu’en se penchant légèrement ou sous un éclairage latéral. Leur présence n’indique pas forcément une silhouette mince, sportive ou particulière. Elle dépend d’un ensemble de facteurs anatomiques.
Pourquoi certaines personnes en ont et d’autres non ?
Une histoire de ligaments, de peau et de morphologie
La principale explication est mécanique. Des ligaments courts relient certaines zones du bassin, notamment près de l’épine iliaque postérieure supérieure, aux tissus superficiels de la peau. Lorsque cette traction ligamentaire est marquée, elle peut créer un petit creux visible à la surface. Autrement dit, la fossette n’est pas un “trou” dans l’os ni une anomalie : c’est un relief cutané lié à la manière dont les tissus s’attachent en profondeur.

La génétique joue aussi un rôle important. On observe souvent ce type de relief dans certaines familles, même si la visibilité varie d’une personne à l’autre. La fréquence souvent avancée est d’environ 1 personne sur 10, ce qui en fait une particularité relativement rare, mais pas exceptionnelle.
Graisse sous-cutanée, tonus musculaire et posture : ce qui change leur visibilité
Une fossette en bas du dos peut exister sans être très visible. La quantité de graisse sous-cutanée, la tonicité musculaire, l’orientation du bassin et même la posture modifient son apparence. Une personne peut les voir davantage après une perte de poids, une période d’entraînement ou simplement selon la position adoptée devant le miroir.
Il faut toutefois rester précis : faire du sport ne crée pas automatiquement ces fossettes si la structure anatomique n’est pas là. Le renforcement des muscles lombaires, fessiers ou abdominaux peut améliorer la posture et dessiner la silhouette, mais il ne fabrique pas à lui seul la traction ligamentaire. Les exercices peuvent donc les accentuer visuellement, pas les garantir.
Leur visibilité dépend aussi de la forme du bassin et de la répartition des tissus. Deux personnes au même poids peuvent avoir un relief très différent, parce que l’architecture interne n’est pas identique. Ces creux ne sont donc pas un simple marqueur de minceur ou de sport, mais le résultat d’un agencement discret entre peau, fascias, ligaments et bassin.
Ce qu’elles disent vraiment de la santé, et ce qu’elles ne prouvent pas
Ni diagnostic de bonne santé, ni signe de fertilité
Les fossettes sacro-iliaques sont souvent associées à une bonne circulation, à une meilleure forme physique, voire à la fertilité ou à la sexualité. Ces idées circulent beaucoup, mais elles ne reposent pas sur un lien médical solide. Avoir ces fossettes ne prouve pas qu’une personne est en meilleure santé, plus fertile ou plus performante physiquement.
Fossette sacro-coccygienne : quand faut-il s'inquiéter ? : Découvrez les symptômes d'alerte liés à une fossette sacro-coccygienne et apprenez quand il est nécessaire de consulter un médecin.
À l’inverse, ne pas en avoir ne signifie rien de négatif. Leur absence est aussi normale que leur présence. Elles relèvent surtout de la morphologie individuelle, comme la forme des clavicules, la largeur du bassin ou la manière dont se dessine la taille.
Un repère anatomique, pas un symptôme
Chez l’adulte, deux fossettes symétriques au bas du dos, présentes depuis longtemps et sans douleur, ne sont généralement pas préoccupantes. Elles peuvent servir de repère visuel pour situer la zone sacro-iliaque, parfois observée en posturologie ou en biomécanique, mais elles ne permettent pas à elles seules d’évaluer l’état des articulations, des nerfs ou de la colonne.
Il faut consulter si un creux apparaît soudainement après un traumatisme, s’il s’accompagne d’une douleur importante, d’une rougeur, d’un écoulement, d’une masse, d’une fièvre ou de troubles neurologiques. Dans ces cas, le sujet n’est plus la fossette esthétique habituelle, mais un changement local qui mérite un avis médical.
| Idée reçue | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Les fossettes prouvent une excellente santé | Non, elles sont surtout liées à l’anatomie et à la génétique. |
| Elles apparaissent forcément avec le sport | Le sport peut les rendre plus visibles, mais ne les crée pas toujours. |
| Seules les femmes en ont | Non, les hommes peuvent aussi avoir des fossettes d’Apollon. |
| Leur absence est un défaut | Non, c’est une variation corporelle parfaitement normale. |
Chez le nourrisson : ne pas confondre avec une fossette sacro-coccygienne
Une autre zone, une autre logique médicale
Chez un bébé, on parle souvent de fossette sacro-coccygienne lorsqu’un petit creux est visible dans l’axe du bas du dos, près du coccyx. Ce n’est pas la même chose que les deux fossettes sacro-iliaques latérales de l’adulte. La localisation compte : une fossette médiane, située au-dessus ou dans le pli interfessier, relève d’une autre observation clinique.
Dans de nombreux cas, une petite fossette superficielle, propre, sans signe associé et mesurant moins de 5 mm, est banale. Mais chez le nourrisson, il est prudent de la montrer au médecin lors d’un examen pédiatrique, surtout si elle est profonde, atypique, accompagnée de poils, d’une tache cutanée, d’un écoulement ou d’une anomalie visible de la peau.
Pourquoi cette distinction rassure
La confusion vient du mot “fossette”, utilisé pour des réalités différentes. Les fossettes de Vénus sont latérales, symétriques et liées au bassin. La fossette sacro-coccygienne du bébé est médiane et surveillée parce qu’elle se trouve sur l’axe de développement de la colonne et du sacrum. Les mélanger peut créer une inquiétude inutile chez l’adulte ou, à l’inverse, banaliser trop vite une observation chez un nourrisson.
Le bon réflexe est simple : chez l’adulte, des fossettes anciennes et symétriques sont généralement anatomiques et esthétiques ; chez le bébé, toute fossette médiane inhabituelle mérite d’être signalée au professionnel de santé qui suit l’enfant.
Peut-on les accentuer ou les créer ?
Ce que peuvent réellement faire les exercices
Les exercices ciblant les fessiers, les muscles profonds du tronc, les lombaires et la sangle abdominale peuvent améliorer la tenue du bassin et donner davantage de définition au bas du dos. Des mouvements comme le gainage, le hip thrust, les extensions lombaires contrôlées ou les exercices de stabilité peuvent contribuer à une silhouette plus dessinée.
Mais il faut rester clair : si les attaches ligamentaires et la morphologie ne prédisposent pas à ces creux, aucun programme ne peut promettre leur apparition. Une approche sportive peut mettre en valeur l’existant, pas modifier complètement l’architecture anatomique.
L’option esthétique : liposuccion, lipofilling et prudence
Certaines personnes s’intéressent à la chirurgie esthétique pour créer ou accentuer ces fossettes. Les techniques évoquées reposent notamment sur une liposuccion très localisée afin de sculpter de petits creux ; un lipofilling peut parfois être associé pour travailler les volumes autour de la zone. L’intervention est généralement présentée comme courte, parfois autour d’environ une heure, avec des suites possibles comme une douleur légère, un œdème, des bleus et le port d’une gaine de contention.
Le résultat n’est pas stabilisé immédiatement : il peut évoluer sur le premier mois et se préciser sur 1 à 3 mois, le temps que les tissus dégonflent et que les contours se mettent en place. Comme toute intervention esthétique, elle nécessite une consultation médicale sérieuse, une information claire sur les risques et une attente réaliste. Chercher à créer quelques millimètres de creux n’a de sens que si la demande est personnelle, réfléchie et détachée d’une pression sociale excessive.
Au fond, ces fossettes racontent surtout la diversité des corps. Elles peuvent être discrètes, très visibles, symétriques ou un peu asymétriques sans que cela définisse la valeur, la santé ou l’attractivité d’une personne. Les comprendre permet de les regarder pour ce qu’elles sont : un détail anatomique parfois esthétique, rarement médical, et beaucoup moins mystérieux qu’on ne l’imagine.
Mis à jour le 4 août 2026